Rénovation des copropriétés : 5 actions pour garantir la performance énergétique

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La rénovation énergétique d’une copropriété est une opération relativement complexe qui nécessite du temps et des ressources. Si son aboutissement offre en toute logique une réduction de la facture énergétique, les résultats ne sont pas toujours au niveau escompté. Frédéric Delhommeau, directeur Habitat et Rénovation au sein de l’Agence Parisienne du Climat (APC), conseille cinq bonnes pratiques pour optimiser le niveau de performance énergétique.

1. Suivre les consommations

« Nos retours d’expérience montrent qu’il faut attendre deux à trois ans après la remise des travaux pour s’approcher du niveau de performance énergétique prévu, une fois que l’exploitation s’est mise à jour de la rénovation réalisée. Un plan d’équilibrage doit ainsi être réalisé, avec un ajustement sur les puissances des chaudières ou sur la loi d’eau, par exemple.

Tout ce qui permet de rendre le comptage possible ne doit par ailleurs pas être oublié. Dans trop de situations les sorties de chaudières ou de chaufferies sont dépourvues de compteur de calories. Dans ce cadre, difficile de réaliser un suivi. »

2. Associer l'exploitant de chauffage

« Si suivre les consommations sur l’exploitation des systèmes de chauffage et de ventilation permet d’optimiser les économies engendrées par la rénovation, ce réflexe manque à de nombreuses copropriétés. Bien souvent, l’exploitant de chauffage est la dernière personne informée du projet de rénovation énergétique en cours.

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N’étant pas associé en amont sur la phase de conception et sur le travail qui sera engagé, il subira la mise à niveau énergétique et ne prévoira pas le travail d’ajustement à réaliser. Au sein de l’APC, nous conseillons donc aux maîtres d’ouvrage d’inclure l’exploitant dès le départ dans le projet, afin qu’il soit acteur de la démarche. »

3. Garder l'objectif de performance énergétique tout au long du projet

« La dégradation de l’objectif de performance énergétique en cours de conception est un autre sujet sur lequel nous sensibilisons de plus en plus les copropriétés. La situation est la suivante : les projets de rénovation passent le plus souvent par des phases d’audit énergétique desquels découlent des scénarios de rénovation impliquant des travaux avec des niveaux de performance énergétique associés. Après un premier arbitrage en assemblée générale ou par le conseil syndical - lors duquel un scénario est favorisé - l’audit est suivi d’une phase de mission maîtrise d’oeuvre. C’est à ce stade que le scénario est choisi et que l’on entre dans un chiffrage plus précis des travaux à réaliser, lequel débouche sur un nouvel arbitrage. Enfin démarrent les travaux. L’erreur commise par certaines copropriétés est de ne suivre plus que la nature des différents travaux à réaliser, et non le niveau de performance énergétique décidé trois ou quatre ans en amont, lors de la phase d’audit énergétique, voire de la phase de conception de maîtrise d’oeuvre. En résulte une dégradation de l’objectif de départ. Les résultats obtenus seront peut-être au niveau de ce qui a été fait, mais pas au niveau de ce qui avait été initialement pensé.

Une multitude de changements peuvent nuire à la cohérence du scénario initial : une épaisseur d’isolant remise en cause dans la phase d’autorisation de l’urbanisme, ou encore des points de détail de mise en œuvre tels que la gestion de ponts thermiques, un changement partiel d’ouvrants, etc.

Pour se prémunir de ce problème, un suivi doit être réalisé par une personne en charge de garder un œil sur la performance énergétique tout au long du projet. Cette personne peut être un assistant à maîtrise d’ouvrage, un bureau d’étude, ou encore l’exploitant sous contrat de garantie énergétique. Sur ce dernier point, nous travaillons actuellement sur un petit guide de sensibilisation des copropriétaires à la garantie de performance énergétique. »

4. Contrôler la qualité de mise en œuvre des travaux

« Un défaut récurrent lors d’une rénovation énergétique est celui d’une mauvaise étanchéité. L’APC conseille vivement de réaliser un contrôle - pendant le chantier - de l’étanchéité via un test à la porte soufflante. C’est d’ailleurs ce qui est imposé dans le cadre des certifications BBC (Bâtiment Basse Consommation). Malheureusement, cette bonne pratique qui se systématise progressivement pour d’autres maitrises d’ouvrage comme le logement social ou l’immobilier de bureau n’est encore que bien trop rare en copropriété.

Plus généralement, la question de la qualité des entreprises est fondamentale. Si la mention RGE est un préalable, nous soumettons d’autres conditions aux professionnels référencés dans l’annuaire CoachCopro. La principale est d’être actif sur le champ de la copropriété, ainsi que de s’engager à respecter les différents documents et bonnes pratiques que l’APC diffuse dans le réseau.

Une fois que l'on a une entreprise sérieuse, nous encourageons à aller vers des démarches de performance énergétique ou de certification pour être sûr que cette dernière s’alignera au niveau de performance et de qualité escompté par la copropriété. »

5. Éduquer les occupants

« Il faut également savoir changer ses usages pour parvenir au niveau de performance énergétique visé. Un audit énergétique prend pour base des niveaux de consommation et donc des niveaux de température de consigne qui sont théoriques. Il en va de même en phase de conception maîtrise d’oeuvre. Or, ces calculs prennent en compte une température de 19°C la plupart du temps. Malgré la sensibilisation réalisée en ce sens, ce niveau n’est pas encore la norme. Un changement d’usage s’impose. Les copropriétaires pourront trouver toutes les bonnes pratiques dans les guides fournis par l’ADEME. »

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