Le partage de ressources pour une meilleure efficacité énergétique en copropriété

Le nombre de concierges se réduit peu à peu dans les copropriétés, laissant souvent des locaux vacants au rez-de-chaussé des immeubles. Nous proposons ici quelques idées de réutilisation de ces locaux dans un objectif de réduction de la consommation énergétique en copropriété.

En Amérique du Nord, il est courant pour les copropriétés de disposer d’infrastructures communes : un local pour les lave-linges, une salle de sport, un concierge, etc.
Cela va même très loin dans le monde des startups en Californie. On y trouve des immeubles destinés aux jeunes développeurs avec tous les services clef en main : appartement meublé, wifi, ménage, repas, et même possibilité de se faire des amis... Ils sont appelés “co-living”, en références aux espaces de “coworking”.

Il me semble qu’on pourrait trouver une déclinaison de ces principes à nos copropriété françaises, dans un objectif d'efficacité énergétique. J’y verrai de nombreux bénéfices possibles :

  • réduction de frais, en évitant la multiplication d’outils rarement utilisés
  • gains énergétiques, en choisissant un appareil commun plus performant
  • convivialité liée aux échanges

En effet, des gains énergétiques sont rendus possible par moins d'appareils (ex : imprimante) et de consommables (ex : papier) en double. La mutualisation permet une réduction de consommation électrique inutile (moins d’appareils en veille, usage d’un appareil plus “industriel” donc plus efficace). Elle permet aussi la réduction de l’impact matériau/énergie à la fabrication de multiples appareils en double.

On peut décliner cette idée sur plusieurs types d’équipements, en commençant par l’informatique.

L’informatique partagée

Il est possible de calquer les pratiques courantes des entreprises sur la gestion des réseaux et imprimantes. En effet, dans les entreprises, nous souscrivons à un seul accès à Internet (et non un par copropriétaire) et nous déployons un réseau wifi unique. Cela permet l’optimisation du nombre de routeurs wifi (cf. le syndrome des 15 Livebox/Freebox que l’on capte à son domicile) et donc des gains financiers et énergétiques.

Pour les imprimantes, les entreprises ont réfléchi depuis longtemps à la mutualisation des appareils et consommables. Et une pratique courante consiste à louer les imprimantes pour déporter le problème de la maintenance sur le constructeur. Ce dernier a alors intérêt à fournir un matériel robuste, facile à maintenir, et donc de sortir du paradigme de l'obsolescence programmée. L’imprimante grand public est en effet l’archétype de cette obsolescence programmée.

L’informatique permet aussi de mesurer l’usage des appareils par les copropriétaires et de répartir les frais de manière équitable.

Le “local livraison”

L’émergence des serrures connectées informatique pour le grand public offre l’opportunité de donner accès, via smartphone, à un “local livraison”. Ce local commun permettrait aux livreurs d’y déposer leurs colis. Il offrirait un gain de temps tout en réduisant les allers/venus pour les copropriétaires et livreurs. La consommation d’énergie liée au transport serait donc réduite.

L’électroménager et le bricolage partagé

Les principes d’appareils communs maintenus par leurs constructeurs, et payés selon l’usage pourraient être déclinés à l‘électroménager et au bricolage.
On peut imaginer un local “électroménager/bricolage” contenant des lave-linges, perceuses, scie sauteuses, appareils à raclettes, à fondue, etc. gérés par leurs constructeurs. Ce local serait accessible aux copropriétaires via une serrure connectée. La mise en commun est particulièrement intéressante pour des appareils qu’on utilise 2 fois par an.

Ces différentes idées pourraient s’intégrer dans le cadre d’un projet de rénovation en copropriété.

Guillaume Plouin