Audit énergétique en copropriété : est-ce la meilleure approche ?

Dans le domaine de la rénovation énergétique des copropriétés, deux démarches assez différentes semblent se distinguer aujourd’hui : une approche “sur mesure” et une approche “statistique”.

Audit énergétique : l’approche sur mesure

Les copropriétés de plus de 50 lots ont l'obligation de se soumettre à un audit énergétique. Cet audit requiert l’intervention d’un bureau d’étude thermique ; il est généralement facturé plusieurs milliers d’euros.
L’audit doit être effectué en période de chauffe, donc pendant l’hiver, ce qui donne une fenêtre de temps limitée, et renvoie souvent le projet à l’année prochaine.
Le bureau d’étude en charge de l’audit effectue une visite de la copropriété :

  • Plusieurs logements sont visités afin de relever les pratiques de chauffage individuelles, les types de vitrage, les isolations par l’intérieur, etc.
  • Il diagnostique les locaux communs, chauffés ou non chauffés
  • Il utilise une caméra thermique pour déterminer les fuites de chaleur sur l'enveloppe
  • Il propose des questionnaires aux copropriétaires afin de comprendre leurs habitudes et leur ressenti en terme de confort.

L’expert rédige par la suite un rapport qui présente les déperditions thermiques du bâti, la répartition des consommations en énergie. Ce rapport est illustré de photos, croquis, plans. Il propose des scénarios de travaux assez précis adaptés à l’état de la copropriété.

La prise de connaissance du coût de ces scénarios peut décourager les copropriétaires, qui n’iront pas plus loin. Ils pourront avoir l’impression d’avoir financé un rapport qui restera au fond d’un tiroir...

Fiches solutions : l’approche statistique

Une autre approche consiste à partir du constat suivant : il existe des propriétés génériques et donc des besoins de travaux connus pour des immeubles d’une période donnée (cf. le guide ABC).
Par exemple, les immeubles en béton des années 50 souffrent tous des mêmes problèmes d’isolation, et une solution quasi-généralisable aux bâtiments de cette période consiste en une isolation par l'extérieur, dont on peut rapidement déterminer le coût par copropriétaire. Les immeubles haussmanniens ont souvent des carences sur les vitrages et la ventilation, ils n’autorisent pas l’isolation par l’extérieur, car leurs façades sont classées.
Partant de cette approche, on peut classer les immeubles selon quelques périodes : haussmannienne, moderne, grands ensembles, etc. et proposer une estimation assez fiable des travaux d'amélioration à effectuer. Ce premier niveau d’information permet aux d’arbitrer le financement des travaux.
Ainsi les copropriétaires utiliseront l’intégralité de leur budget aux travaux de rénovation, sans passer par un audit : ils économiseront temps et argent.

Cette approche statistique nous semble être un puissant levier d’accélération et d’économie.
Il faut garder en tête que l’audit n’est pas une finalité en soi. On peut présenter des statistiques encourageantes et trompeuses d’audits énergétiques, sans pour autant déclencher des travaux. C’est la problématique que rencontre la France actuellement : des déclarations d’intentions ambitieuses, 500 000 logements rénovés chaque année, pas du tout suivies dans les faits. L’approche statistique est plus pragmatique, réaliste, focalisée sur les résultats concrets.

Guillaume Plouin

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